C’est dans les délais prescrits, malgré quelques légers couacs dans la programmation, que s’est achevée la première phase du championnat de la D I avec la consécration de la JS Kabylie, l’arrivée à maturité de l’ASO Chlef, la bonne tenue du CRB, l’émergence du Paradou AC, de la perte de vitesse de l’USMA et le déclin pour ne pas dire la descente aux enfers des grosses cylindrées que sont l’USMB, le NAHD et le MCO.
Ces formations après avoir sacrifié au rite de la coupe d’Algérie dont les trente-deuxièmes de finale sont programmés ce week-end, tenteront de prendre du recul pour se remettre en question, rectifier le tir et aborder la seconde phase pour se replacer et éviter le pire.
• JS Kabylie: la pâte d’Yves Chay La consécration de la formation de la ville des genêts n’est pas fortuite bien au contraire. Malgré une sourde bataille qui a opposé Moh Cherif Hannachi à ce que d’aucuns ont présenté comme opposition, le président kabyle, fort de ses convictions a réussi dans son entreprise, faisant même taire les plus virulents de ses détracteurs. Se reprenant à temps, il a vu juste en procédant à des changements à la tête de la barre technique.
L’arrivée du Français Yves Chay qui connaissait la maison a même provoqué une petite révolution avec la mise à l’écart de certains sénateurs et la titularisation de bon nombre de jeunes appelés à s’affirmer davantage à l’avenir. La bonne santé financière lui permet également de procéder à un recrutement de joueurs étrangers de haut niveau.
Si la JSK fait le vide en occupant sans partage la première place, si Berguiga occupe le poste de premier buteur de la D I, si la ligne d’attaque des Canaris crache du feu et si la défense est des plus imperméables, cela n’est pas dû au fait du hasard, mais à une politique réfléchie et bien menée. A ce titre, la JSK mérite tous les égards et devrait être davantage confortée pour une consécration certaine dans le championnat 2005-2006 et surtout pour une bonne représentativité en compétition internationale.
• ASO Chlef: une stabilité et une politique payantes Entre la formation chélifienne qui a végété des décennies durant dans les divisions inférieures et celle qui occupe le haut du tableau dans le championnat de la D I 2005-2006, il n’y a pas photo. Les «Lions du Chélif» ont conquis les coeurs de milliers de leurs fans grâce à un travail sérieux, réfléchi, méthodique qu’aura permis la stabilité du groupe. Nous pensons qu’il ne s’agit là qu’un début car la marge de progression ne s’arrête pas à ce stade.
Les Chélifiens, sans tambour ni trompette, et sans trop de moyens, ont bousculé une certaine hiérarchie. Il est à espérer que l’ASO ne s’arrêtera pas là et qu’elle réussira à confirmer le sérieux qui anime ses staffs dirigeant et technique, ainsi que ses joueurs, lors de sa prochaine sortie continentale.
• CR Belouizdad: le retour du Chabab Menacé de relégation la saison écoulée, le Chabab de Belouizdad a su tirer les enseignements nécessaires pour ne pas revivre la même situation. Un recrutement adéquat, tant au niveau de la composante de l’équipe qu’au niveau du staff technique, y est pour quelque chose dans cette résurrection du Chabab de Belouizdad qui voudrait faire tout autant que le CRB des Abrouk, Lalmas, Achour, Kalem, Selmi pour ne citer que ceux-là, qui faisaient courir les foules et dominer le football national. Dans cette résurrection, un homme, un véritable technicien du football, a apporté sa touche, il s’agit bien sûr de Nedjmeddine Belayachi qui est attaché à une certaine méthodologie et il y tient. Le CRB est entre de bonnes mains, pourvu qu’il y reste.
• Paradou AC: un promu qui défraie la chronique «La valeur n’attend point le nombre des années», dit-on et cet adage s’applique fort bien à cette étonnante formation de Hydra, créée il y a une décennie et qui a su gravir tous les échelons de la hiérarchie en un laps de temps très court.
Le pari lancé par le président Zetchi et sa bande est en train de prendre corps. De plus cette formation avec un staff technique pratiquement inconnu au bataillon a apporté un air de jouvence à notre championnat qui périclitait quelque peu. Le PAC, de par son organisation, sa réussite, que d’aucuns croyaient momentanée, devrait servir de modèle d’organisation à nombre de nos clubs.
La place qu’occupe cette jeune équipe qui fait son apprentissage dans la D I, n’est pas le fruit du hasard. De par les résultats obtenus jusqu’ici, on peut dire objectif atteint pour la formation du duo Bouhellal-Abdelaziz.
• USM Alger: un champion sortant à la traîne Le champion sortant n’est pas à sa véritable place et cela tout Soustara en est conscient. Avec un encadrement administratif et un staff technique à la hauteur, des joueurs chevronnés, un environnement des plus favorable, l’USMA se trouve reléguée à huit points du leader, une partie étant due au «clash» venant après la rencontre de Tizi Ouzou. Ces points sont difficiles à rattraper et comme l’USMA qui s’est passée jusqu’à présent d’une de ses pièces maîtresses, en l’occurrence Ammour et Arribi, risque d’en perdre une autre, Eneramo, son fer de lance, il lui sera pratiquement impossible de conserver son titre.
• ESS-USMAn-CAB-MCA-WAT: un parcours mitigé Dans le ventre mou du tableau, ces formations n’auront pas été à la hauteur des espérances placées en elles. Des effectifs renforcés lors de l’intersaison, notamment l’ESS et le MCA, qui ont investi énormément, n’ont pas abouti aux résultats escomptés. Des crises à répétition ont touché plus particulièrement l’ESS, le MCA et l’USMAn qui ont un dénominateur commun pour avoir changé de staff en cours de route. Le WAT version Yahla qui vise le long terme a fait confiance à un coach qui connaît bien la maison, Medjadj Nadjib, qui est en train de faire confiance aux jeunes du terroir pour mettre sur pied une formation apte à prendre la relève. Le CAB, avec la présence d’Ameur Djamil, souffle le chaud et le froid. Après un départ en trombe, la formation des Aurès marque le pas et cette trêve ne serait pas de trop pour rectifier le tir.
• USMB-CSC-NAHD-USB: une déception sur toute la ligne Ce quatuor qui occupe les dernières places au classement aura déçu plus d’un dans la ville des roses, dans l’antique Cirta, à Hussein Dey et dans la capitale des Zibans. Toujours dans l’oeil du cyclone, ces formations sont appelées à se surpasser pour ne pas passer à la trappe.
• MCO: un monument en péril Défrayant la chronique depuis plusieurs années avec les querelles intestines, la formation d’El-Hamri occupe une peu reluisante place de lanterne rouge, synonyme de relégation, et ce depuis pratiquement l’entame du championnat. Avec une seule victoire à son actif en quinze rencontres, le Doyen de la D I n’a plus droit à l’erreur. Ayant connu pareille situation il y a quelques années, le nouveau président Youcef Djebbari est revenu pour relever un challenge très difficile, mais pas impossible.
L’espoir demeure avec ces nombreux recrutements annoncés et souhaités par le staff technique qui aura sous la main un effectif de qualité. |